GENETIQUE ET AXE CORTICOTROPE

 

L’activité de base de l’axe corticotrope et sa réponse au stress sont largement influencées par des facteurs génétiques. D’importantes variations fonctionnelles peuvent être observées entre types génétiques (exemple : Geverink et al. 2006 ; Foury et al. 2007, chez le Porc), et des sélections divergentes ont été réalisées chez de nombreuses espèces sur la base de la réponse de l’axe corticotrope à diverses stimulations : truite (stress de confinement), poulet (réponse à l’ACTH, stress social), dinde (stress au froid), caille (stress d’immobilisation), canard (stress de suspension), souris (stress de contrainte) (voir Mormède et al. 2002 pour revue). La réponse à la sélection est le plus souvent rapide et forte, avec une héritabilité réalisée de l’ordre de 0,4 (Touma et al. 2008).

 

La variabilité génétique est présente dans toutes les composantes de l’axe :

-          Dans le niveau de production des hormones glucocorticoïdes, régulé principalement par la sensibilité de la glande surrénale à l’ACTH. Les mécanismes moléculaires sous-jacents sont recherchés par études d’expression différentielle des gènes dans la glande surrénale en réponse à l’ACTH chez le Porc (Hazard et al. 2008 ; Jouffe et al. 2009) ou le poulet (Bureau et al. 2009).

-          Dans la biodisponibilité des hormones, influencée par le niveau de sa protéine de transport, la transcortine (Désautés et al. 2002 ; Geverink et al. 2006 ; Guyonnet-Duperat et al. 2006 ; Moisan 2009), et par l’activité des enzymes de leur métabolisme.

-          Et enfin dans l’efficacité des récepteurs et des mécanismes de transduction (voir par exemple Harizi et al. 2007, chez la souris), domaine peu exploré chez les animaux domestiques (Perreau et al. 1999).

De nombreuses données expérimentales montrent que ces différentes sources de variabilité de l’axe corticotrope ont des conséquences fonctionnelles, en particulier sur les caractères qui nous intéressent dans le cadre de la production et de la robustesse.